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Peinture (aquarelle, acrylique, encres), bois tourné, déco récup, le blog de nos passions mais aussi histoires, anecdotes, patrimoine de notre village du Lauragais : St Martin Lalande 11400 Aude

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande

les couloirs du temps sont interminables, attendez vous à passer un moment sur cet article

les uns écouteront avec attention, tandis que d'autres auront l'oreille plus distraite

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande

la religion cathare :

Venu d’orient, en particulier de Bulgarie, le catharisme doit son nom au grec katharos (pur), fondée en 1167 par l’évêque Nicetas de Constantinople 

Les cathares opposent un monde spirituel de lumière et de beauté au monde matériel de Satan qui emprisonne l’homme.

Ils refusent les rites traditionnels : mariage et baptême. Le seul sacrement administré est le consolamentum, pour l’ordination d’un parfait ou la bénédiction d’un croyant à l’article de la mort

en ces temps là, l'église cathare est dirigée par 4 évêques : Albi, Toulouse, Carcassonne et Agen

et ce sont les parfaits ou bonshommes qui propagent le catharisme dans la population

transmission de la religion :

Le Catharisme s'est transmis surtout par les femmes

Le manuscrit 609 relatif à l'enquête des inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, en 1245 et 1246, indique les endroits du Lauragais où il y a au moins un "ostal de Bonas Femnas" : Avignonet, Baraigne, Bram, Caraman, Fanjeaux, Gaja, Gourvielle, Issel, Lanta, La Pomarède, Laurac, Les Cassés, Lasbordes, Labécède, Mas-Saintes Puelles, Montferrand, Montmaur, Saint-Félix, Saint-Martin Lalande, Saint-Paul Cap-de-Joux, Saint-Paulet, Saissac, Salles-sur-l'Hers, Verdun, Villemur, Villeneuve-la Comptal, Villepinte, Villesiscle. La liste n'est pas exhaustive. Et dans ces endroits il y a souvent plusieurs "maisons". D'après les registres de l'inquisition, il y avait dix maisons de parfaits cathares  à St Martin Lalande et la plupart des habitants assistaient aux prêches des bons hommes

vers 1203, A la même époque, Blanche de Laurac reçoit souvent son fils, Aymeric de Laurac-Montréal, et sa parentèle, la chevalerie de Roquefort, ainsi que Bernat Mir Assézat, un jeune écuyer originaire de St-Martin Lalande. De temps en temps viennent aussi Bertrand de Saissac et même le comte de Foix. Elle leur sert son pain béni, des pommes, des noix et des anguilles grillées et des empastats (pâtés en croûte de poisson) mais pas à la même table qu'elle.

On sait par exemple grâce au manuscrit 609 relatif à l'enquête des inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, qu’en 1245-1246, il y a toujours des Maisons de Bonnes Femmes à Avignonet, Baraigne, Bram, Caraman, Fanjeaux, Gaja, Gourvielle, Issel, Lanta, La Pomarède, Laurac, Les Cassés, Lasbordes, Labécède, Mas-Saintes-Puelles, Montferrand, Montmaur, Saint-Félix, Saint-Martin-Lalande, Saint-Paul-Cap-de-Joux, Saint-Paulet, Saissac, Salles-sur-l'Hers, Verdun, Villemur, Villeneuve-la-Comptal, Villepinte, Villesiscle… Voir CALMETTES Alain, « Courageuses Femmes cathares du Lauragais », Couleur Lauragais, no 142,‎ mai 2012 

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin LalandeQuand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande

La cathare de St-Martin Lalande qui craignait le feu
La police inquisitoriale quadrille nos villages et organise des battues de nuit, à la lumière des torches, dans les forêts du Lauragais pour débusquer les hérétiques. D'après l'historienne Zoé Oldenbourg, «les femmes, soit plus actives que les hommes, soit plus imprudentes parce qu'elles se sentaient moins menacées, se faisaient, semble-t-il, prendre plus souvent.»
La jeune
Raymonde Jougla, femme de Guillaume de St Nazaire, qui a été mise à la porte de la maison par son père, à Saint-Martin Lalande, vers 1242, rejoint deux Bonnes Femmes, Arnaude et sa mère, dans une cabane près de Laurac. Ensemble, elles apportent le consolament aux mourants. Le seigneur de Gaja-la-Selve, Bernard de Mazerolles, vient recevoir leur bénédiction. Hélas, un jour, toutes les trois sont capturées, emmenées à Toulouse et conduites au bûcher. Or, Raymonde Jougla raconte : «Elles furent brûlées à Toulouse, mais moi, devant le bûcher, par peur du feu, je me convertis à la foi catholique.» Le cas est exceptionnel. En général les Bonnes Femmes se jettent dans les flammes plutôt que d'abjurer. «En Lauragais, écrit Anne Brenon, autour de St Martin Lalande jusqu'à Laurac même, la parfaite Guilhelme de Camplong tient le maquis longtemps avec ténacité avant d'être prise. Elle est l'une des dernières grandes Parfaites.»
La dernière simple croyante cathare, Guilhelma Tournier, est brûlée à Carcassonne en 1325.

d'autres figures cathares de St Martin Lalande: 

Bernard Alzeu le jeune, fils de Bernard Alzeu qui avait été consul de St Martin Lalande, qui vivait et se cachait dans une cabane autour de Laurac en compagnie de 8 autres parfaits

ce même Bernard Alzeu qui recevait auparavant dans sa maison de St Martin Lalande, avec sa soeur Guiraude et son frère Raymond, les parfaits de passage

B.Mir Arezat, seigneur de Saint Martin Lalande rappelle l'intervention du bon homme Raimond Bernard dans un conflit pour dette qui l'opposait, lui, le seigneur du lieu, à deux chevaliers (les bons hommes étaient consultés et savaient rétablir la concorde (ouvrage de Monique Bourin, "Les dissidents religieux dans la société villageoise languedocienne à la fin du XIIIe et au début du XIV è")

Bernard Pierre : certains témoignages montrent  plusieurs membres dune même famille, religieux et vivant ensemble leur vie consacrée sans quitter la maisonnée. Le cas le plus extrême que j'aie rencontré est celui de la famille d'un certain Bernard Pierre, de Saint Martin Lalande, qui raconta à l'inquisiteur avoir passé son enfance chez lui, avec son père, sa mère et ses frères, tous "hérétiques", c'est à dire Bons-hommes ou Bonnes femmes, et ce durant plus de 20 ans et depuis les toutes premières années du XIIIe siècle, c'est à dire en dehors des périodes de répression (Regards croisés sur l'oeuvre de Georges Duby , femmes et féodalité, par Annie Bleton Ruget , Michel Rubelin 2000)

 

les cimetières : 

Les cathares méprisaient le corps de l'homme et leurs cimetières ne devaient comporter, avant 1209, aucun signe particulier car il semble bien qu'ils n'y ait pas de symbolique cathare.

Après 1209, la chasse aux Parfaits commence et toute la population fit une mort catholique et bénéficie d'une sépulture dans le cimetière paroissial catholique, mais si l'inquisition découvre qu'un cathare est en terre consacrée, elle le fera exhumer et brûler.

Les cathares ont leurs propres cimetières  ; on connaît cinq cimetières dont quatre en Lauragais : Puylaurens, Saint Paul Cap de Joux, Montesquieu, Saint Martin Lalande ; (dont je n'ai point trouvé trace) le cinquième se situe à Lordat, dans l'Ariège, au Nord de Luzenac.

 Des cimetières cathares sont aussi attestés à Puylaurens, Montesquieu et Saint-Martin Lalande". ODOL Jean, "La Croisade contre les Albigeois (ou cathares) de 1209 à 1229 - La Victoire des Occitans à Baziège (1219)", Couleur Lauragais, n°99, février 2008.

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin LalandeQuand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande

fin des cathares : 

A partir de 1240 les derniers résidus cathares sautent, dans l’ordre:  Peyrepertuse, Montségur, Puilaurens, Quéribus,

l’inquisition se met en place, les sentences (1246 à 1248) contiennent 200 condamnations, 23 à la prison et 184 à des pénitences mineures. on constate que les localités les plus touchées par les pénalités de l'Inquisition sont Laurac (27 condamnations), Fanjeaux ( 25 condamnations) et Saint Martin Lalande (18 condamnations) (ouvrage de Laurent Albaret "Le témoignage dans les procès d'Inquisition en France méridionale au XIIIe, l'exemple du manuscrit 609 de Toulouse)

en 1321 on dit que Guillaume Bellibaste, dernier parfait connu, monte sur le bûcher à Villerouge Termenes

les images de cet article, comme celles qui vont suivre ont été prises à Villerouge Termenes que nous avons visité  il y a quelques années

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
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sources : le Lauragais au coeur de l'Occitanie Cathare de Jean Odol, guide vert Michelin Languedoc Roussillon, articles Couleur Lauragais de André Calmettes, Cathares Magazine, Michel Roquebert dans " Les Figures du Catharisme", Persee, Ruben Sartori conférencier, cathares.org -  les dissidents religieux dans la société villageoise lanquedocienne à la fin du XIII e au début du XIVe de Monique Bourin - le témoignage dans les porcès d'Inquisition en France méridionale au XIIIe , l'exemple du manuscrit 609 de Toulouse de Laurent Albaret

 

voir également mon article sur la bataille de St Martin Lalande (ci après)

Quand nous étions presque tous parfaits à St Martin Lalande
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G
Il y a eu cet été un n° spécial de Pyrénées magazine sur le même sujet, et fort intéressant comme ton article.
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B
zut je l'ai loupé celui là